Alexander Zeldin

Faith, Hope and Charity

Archive 2020
Odéon-Théâtre de l’Europe – Berthier Paris 17
16 – 26 juinjui.
1/3

Mise en scène et texte, Alexander Zeldin
Avec Dayo Kolesho, Corey Peterson, Bobby Stallwood, Hind Swareldahab (distribution en cours)
Coproduction National Theatre (Londres) ; A Zeldin Company
Coréalisation Odéon-Théâtre de L’Europe (Paris) ; Festival d’Automne à Paris

Après avoir exploré le travail précaire dans Beyond Caring et le sort des mal logés dans LOVE, Alexander Zeldin conclut son exploration de l’intimité en temps de crise par une ode à la communauté. Une communauté malmenée et menacée, mais vibrante d’humanité, de résistance et d’espoir.

Dans une maison de quartier délabrée, une femme cuisine pour des sans-abris. Un bénévole, nouvellement arrivé, monte une chorale. Une mère se bat pour la garde de sa fille. Le lieu est menacé de fermeture. Faith, Hope and Charity met en scène la fin d’une époque, presque la fin d’un monde. Après Beyond Caring et LOVE, qui fut présenté au Festival d’Automne en 2018, cette nouvelle pièce clôt magnifiquement une trilogie consacrée à la violence sociale et aux ravages des politiques d’austérité sur la vie privée. Parcourue de musique et d’un humour décapant, elle brûle de l’espoir et de la foi collective que cette communauté de laissés-pour-compte doit déployer pour survivre. Auteur et metteur en scène formé auprès de Peter Brook et Marie-Hélène Estienne, associé au National Theatre of Great Britain et à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, Alexander Zeldin signe une œuvre sans compromis, portée par un ensemble d’acteurs exceptionnel. La foi, l’espoir et la charité : ces émotions sont incarnées par des personnages aussi ordinaires qu’héroïques, qui nous rappellent que les grandes passions ne sont pas l’apanage des puissants. Le titre nous invite aussi à percevoir, au-delà du miroir tendu à notre époque, ce que cette histoire a d’atemporel : derrière l’Angleterre, ou la France, d’aujourd’hui, ce pourrait être n’importe quelle nation où se joue, encore et toujours, la lutte des individus contre un système qui les écrase.

Dans le même lieu

Le plateau de Berthier se transforme en espace d’exposition pour accueillir les installations vidéos de la plasticienne Bouchra Khalili consacrées aux troupes de théâtre Al Assifa (La Tempête) et Al Halaka (Le Cercle), créées à Paris et Aix-en-Provence, par des membres fondateurs du Mouvement des travailleurs arabes (MTA, 1973-1977), organisation pionnière des luttes contre le racisme et pour l’égalité des droits. Ces projets concluent une série d’œuvres, initiée avec The Tempest Society (2017), toutes présentées au T2G.

The Circle (2023) propose des modalités de transmission des mémoires occultées d’Al Assifa et d’Al Halaka. À partir de l’oubli et de l’absence d’archives, Mia et Lucas, deux jeunes Marseillais descendants d’immigrés maghrébins y inventent des formes d’exhumation au croisement de la performance, du montage filmique et des techniques du conteur. Ils reviennent aux sources du MTA et de ses troupes, qui culminèrent avec la candidature de Djellali Kamal à l’élection présidentielle de 1974. Membre du MTA et d’Al Assifa, celui-ci transforma sa candidature pour « ceux qui n’ont pas le droit de vote » en performance de visibilité publique et collective.

The Public Storyteller (2024) revient aux origines de l’inspiration d’Al Assifa et d’Al Halaka : la tradition ancestrale du conteur public au Maroc et ses rituels. Pour cette œuvre, Bouchra Khalili invite un jeune conteur marrakchi, qui perpétue cette tradition, à réactiver le récit de la candidature de Djellali Kamal pour faire surgir le spectre qui hante toujours notre présent et nos possibles futurs communs.