Daria Deflorian Antonio Tagliarini

Nous aurons encore l’occasion de danser ensemble d’après Ginger et Fred de Federico Fellini

Archive 2021
Odéon-Théâtre de l’Europe – Berthier Paris 17
10 – 18 décembredéc.
1/5

Un projet de Daria Deflorian et Antonio Tagliarini
Librement inspiré du film Ginger et Fred de Federico Fellini
Jeu et co-création, Francesco Alberici, Martina Badiluzzi, Daria Deflorian, Monica Demuru, Antonio Tagliarini, Emanuele Valenti
Assistant à la mise en scène et collaboration à la dramaturgie, Andrea Pizzalis
Collaboration artistique, Attilio Scarpellini
Lumière, Gianni Staropoli et Giulia Pastore
Scénographie, Paola Villani
Son, Emanuele Pontecorvo
Costumes, Metella Raboni
Direction technique, Giulia Pastore
Photos et vidéos de scène, Andrea Pizzalis
Traduction et surtitrage, Federica Martucci
Accompagnement et diffusion, Giulia Galzigni / Parallèle
Administration, Grazia Sgueglia
Visuel, arrêt sur image tirée d'une vidéo du Prelinger Archive
Remerciement à Lorenzo Grilli pour le training claquettes et à ziamame pour la collaboration aux costumes
L’Odéon-Théâtre de l’Europe et le Festival d’Automne à Paris sont coproducteurs de ce spectacle et le présentent en coréalisation.
Production Associazione culturale A.D. ; Teatro di Roma – Teatro Nazionale ; Emilia Romagna Teatro Fondazione ; Fondazione Teatro Metastasio di Prato
Coproduction Comédie de Genève ; Odéon-Théâtre de l’Europe (Paris) ; Théâtre populaire romand – Centre neuchâtelois des arts vivants ; Théâtre Garonne – scène européenne (Toulouse) ; Centre Dramatique National Besançon Franche-Comté ; Festival d’Automne à Paris
Coréalisation Odéon-Théâtre de l’Europe (Paris) ; Festival d’Automne à Paris
Avec le soutien du programme européen de coopération transfrontalière Interreg France-Suisse 2014-2020 dans le cadre du projet MP #3 et de Romaeuropa festival
Accueil en résidence Ostudio Roma, Théâtre Garonne – scène européenne (Toulouse)

La nouvelle pièce du duo italien cher au Festival d’Automne, après un travail inspiré de Désert Rouge de Michelangelo Antonioni, se frotte de nouveau à un monstre sacré du cinéma italien : Federico Fellini, en s’inspirant librement du film Ginger et Fred.

À la fin du film, Amelia dit à Pippo : « Je ne crois pas que nous aurons encore l’occasion de danser ensemble ». Le duo de performeurs prend cette phrase à contrepied en prolongeant une recherche impulsée avec Quasi niente (Presque rien) autour du fil rouge qui unit les générations, ouvrant un espace d’espoir dans la transmission. Ici se joue une conversation performative et dansée entre trois couples, respectivement trentenaire, quadragénaire et sexagénaire, que bien vite la trame invite à percevoir comme un seul et même couple qui, traversant les années, dialogue avec des moments passés ou à venir de sa vie. De ces glissements temporels s’exhale une douce atmosphère, assez déconcertante, voisine du royaume des rêves, lesquels étaient si riches en trouvailles pour le grand réalisateur, qui les a dessinés jusqu’à ses derniers jours. En quête de ce résidu de pureté qui se transforme en révolte, même impuissante, chez les deux personnages felliniens, cette pièce est une ode au couple et à l’énergie du dialogue, le dialogue comme possibilité d’avancer ensemble.

Dans le même lieu

Le plateau de Berthier se transforme en espace d’exposition pour accueillir les installations vidéos de la plasticienne Bouchra Khalili consacrées aux troupes de théâtre Al Assifa (La Tempête) et Al Halaka (Le Cercle), créées à Paris et Aix-en-Provence, par des membres fondateurs du Mouvement des travailleurs arabes (MTA, 1973-1977), organisation pionnière des luttes contre le racisme et pour l’égalité des droits. Ces projets concluent une série d’œuvres, initiée avec The Tempest Society (2017), toutes présentées au T2G.

The Circle (2023) propose des modalités de transmission des mémoires occultées d’Al Assifa et d’Al Halaka. À partir de l’oubli et de l’absence d’archives, Mia et Lucas, deux jeunes Marseillais descendants d’immigrés maghrébins y inventent des formes d’exhumation au croisement de la performance, du montage filmique et des techniques du conteur. Ils reviennent aux sources du MTA et de ses troupes, qui culminèrent avec la candidature de Djellali Kamal à l’élection présidentielle de 1974. Membre du MTA et d’Al Assifa, celui-ci transforma sa candidature pour « ceux qui n’ont pas le droit de vote » en performance de visibilité publique et collective.

The Public Storyteller (2024) revient aux origines de l’inspiration d’Al Assifa et d’Al Halaka : la tradition ancestrale du conteur public au Maroc et ses rituels. Pour cette œuvre, Bouchra Khalili invite un jeune conteur marrakchi, qui perpétue cette tradition, à réactiver le récit de la candidature de Djellali Kamal pour faire surgir le spectre qui hante toujours notre présent et nos possibles futurs communs.