Karlheinz Stockhausen Inori – Adoration

[Musique]

Quarante-quatre ans après en avoir programmé la création française, le Festival d’Automne à Paris retrouve l’une des œuvres les plus emblématiques de Karlheinz Stockhausen. Rarement donné dans sa forme originale, pour grand orchestre de quatre-ving-dix musiciens et deux solistes danseurs, Inori désigne, par son titre en langue japonaise, la prière, l’invocation ou l’adoration.

Composé en 1973-1974, Inori magnifie la spirale sous le signe de laquelle Stockhausen plaçait sa création. Une spirale entraînant dans son tournoiement toutes les dimensions de l’œuvre. À l’origine, une forme fondamentale, une formule, qui ne dure qu’une minute. Par la puissance de l’invention, celle-ci génère plus d’une heure de musique. Une telle invention, d’une exceptionnelle rigueur, est musicale, mais aussi mystique et cosmologique : dans le sillage de la pensée grecque antique, et à proximité des traditions hermétiques et ésotériques, créer, pour Stockhausen, c’est construire ou reconstruire l’ordre de l’univers. Sa formule se divise alors en cinq segments, qui délimitent autant de sections dans Inori : rythme, dynamique, mélodie, harmonie et polyphonie retracent une brève histoire de la musique depuis ses débuts archaïques. Quant aux danseurs, ils adoptent des attitudes de prières, empruntées au yoga, à des temples d’Angkor ou au rite chrétien de la messe. À travers diverses religions du globe, leurs gestes, selon que les doigts, mains ou bras s’éloignent ou s’approchent du cœur, déterminent ou représentent les paramètres du son musical – hauteurs, durées, timbres et nuances infinies. Un rituel pour l’oreille et les yeux.

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Durée :  1h15 sans entracte