Théâtre du Radeau ITEM

[Théâtre]

Compagnon de route du Festival d’Automne à Paris depuis plus de trente ans, François Tanguy promet, cette édition encore, un nouveau geste théâtral poétique et singulier. Le ballet des corps et des décors s’annonce millimétré, l’espace en perpétuel mouvement, et les mots transformés en sonorités. Littérature, poésie, essai et musique s’entremêlent pour donner à voir et à entendre un théâtre rare qui n’a jamais cessé de se réinventer.

« C’est un théâtre qui parle du théâtre, avec les moyens du théâtre : ce n’est pas un théâtre de concepts ou de notions, Tanguy et le Radeau ne sont pas philosophes, même si, au bout, il y a sans doute une question posée et une réponse proposée à la vérité de quelque chose, une vérité du théâtre et non de théâtre. De même, ce n’est pas un théâtre politique, bien qu’il y ait un engagement de ce théâtre face à ce qui lui est public, à ce qu’il partage en commun avec tant d’autres. Ces données, philosophie et politique, investissent par en dessous ce théâtre dans des agencements qui emportent ses matières vers des devenirs imprévus. C’est un théâtre où les planches jouent un rôle déterminant, les coulisses, les lumières, les sons, décomposés en paroles, en musique, recomposés un instant en quelque chose qui doit être de l’ordre du sens et de la sensation. C’est un théâtre de bois et d’acteurs qui aboutissent à ce que Tanguy appelle la contemporanéité : cela signifie sans doute dire son mot dans le débat autour de la représentation, la faire – sans en être le représentant – non pas à l’écart, mais au cœur même des affaires du théâtre. C’est déjà plein de théâtre, avec des fables parfois douloureuses et mélancoliques, parfois drôles et grotesques ; parfois l’un et l’autre mélangés en un motif – qui n’est pas seul et qui n’est pas le même. »

Jean-Paul Manganaro in François Tanguy et Le Radeau, P.O.L., 2008
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Durée estimée : 1h30