Tiago Rodrigues

Dans la mesure de l’impossible

Archive 2022
Odéon-Théâtre de l’Europe – Berthier Paris 17
20 septembresept. – 14 octobreoct.
1/3

2h

Texte et mise en scène, Tiago Rodrigues
Traduction, Thomas Resendes
Avec Adrien Barazzone, Beatriz Brás, Baptiste Coustenoble, Natacha Koutchoumov et le musicien Gabriel Ferrandini
Scénographie, Laurent Junod, Wendy Tokuoka, Laura Fleury
Composition musicale, Gabriel Ferrandini
Lumières, Rui Monteiro
Son, Pedro Costa
Costumes et collaboration artistique, Magda Bizarro
Assistante mise en scène, Lisa Como

Production Comédie de Genève
Coproduction Odéon-Théâtre de l’Europe (Paris) ; Piccolo Teatro di Milano ; Teatro Nacional D. Maria II (Lisbonne) ; Équinoxe – Scène nationale de Châteauroux ; CSS Teatro stabile di innovazione del Friuli Venezia Giulia (Udine) ; Théâtre National de Bretagne (Rennes) ; Maillon, Théâtre de Strasbourg – Scène européenne ; CDN Orléans / Centre-Val de Loire ; La Coursive – Scène nationale I La Rochelle ; Festival d’Automne à Paris
Avec la collaboration du CICR – Comité international de la Croix-Rouge et de MSF – Médecins sans frontières
Coréalisation Odéon-Théâtre de l’Europe (Paris) ; Festival d’Automne à Paris

Manifestation organisée dans le cadre de la Saison France-Portugal 2022
Avec le soutien de LVMH, membre du Comité des mécènes de la Saison France-Portugal 2022

« À l’affiche cet automne, Tiago Rodrigues ressuscite un théâtre populaire et exigeant, qui privilégie l’acteur et les textes. » Télérama Sortir

« Dans la mesure de l’impossible est un spectacle aigu, contrasté, qui prend le parti de la complexité plutôt que d’affirmations simplistes. » La Terrasse

« Le poids des mots reste sur scène, et on ne plie pas sous la lourdeur de ce qui nous est conté. » Paperblog
« Un geste théâtral, aussi hyperréaliste qu’épique, qui nous transporte dans les zones de guerre du monde aux côtés des travailleurs humanitaires. » Les Échos
«Le geste théâtral de Tiago Rodrigues vient apporter sa contribution à la réflexion sur l’action humanitaire, sans jugement, en éclairant les tourments et les failles de ceux qui sont censés ni souffrir, ni échouer dans leur engagement, dessinant une synthèse étonnante entre l'intime et l'universel.» Esprit Presse

“As a rule, Rodrigues isn’t a showy director : he is a humanist at heart, preoccupied with empathy and the ways in which today’s word undermines it.” The New York Times

Un lien ténu entre héritage et horizon, c’est ce qu’invente Tiago Rodrigues au fil de ses créations, forgeant un art théâtral à la fois ancré dans la vie et inspiré de la facture tragique. À partir de témoignages, il interroge ici le quotidien des travailleurs humanitaires, dans un spectacle sous-tendu par une profonde réflexion sur les théâtres du monde.

Un vibrant quatuor de comédiennes et comédiens, le génie d’un percussionniste en live pour que surgisse l’indicible, une grande tente qui se déploie peu à peu, évocatrice d’une résistance précaire mais vivace, tel est l’univers qui porte le texte de Tiago Rodrigues sur ces héros cachés des ONG. Avec pudeur, l’artiste met en perspective le regard de celles et ceux qui voient l’horreur chaque jour, contraints à d’insoutenables décisions. En intriquant confessions et récits en un paysage « impossible », accidenté de hasards, il dépeint une perception du monde, des vies écartelées entre sourires revigorants et désillusions abyssales, dans une épure théâtrale et une déconstruction de l’imagerie collective qui font la force du propos. Dans les œuvres de Tiago Rodrigues, les strates d’entrée sont toujours multiples, humbles et complexes à la fois ; ici, retracer les désastres collectifs par la voix, la musique et la présence corporelle donne soudain à un projet intimiste une envergure universelle. 

Dans le même lieu

Le plateau de Berthier se transforme en espace d’exposition pour accueillir les installations vidéos de la plasticienne Bouchra Khalili consacrées aux troupes de théâtre Al Assifa (La Tempête) et Al Halaka (Le Cercle), créées à Paris et Aix-en-Provence, par des membres fondateurs du Mouvement des travailleurs arabes (MTA, 1973-1977), organisation pionnière des luttes contre le racisme et pour l’égalité des droits. Ces projets concluent une série d’œuvres, initiée avec The Tempest Society (2017), toutes présentées au T2G.

The Circle (2023) propose des modalités de transmission des mémoires occultées d’Al Assifa et d’Al Halaka. À partir de l’oubli et de l’absence d’archives, Mia et Lucas, deux jeunes Marseillais descendants d’immigrés maghrébins y inventent des formes d’exhumation au croisement de la performance, du montage filmique et des techniques du conteur. Ils reviennent aux sources du MTA et de ses troupes, qui culminèrent avec la candidature de Djellali Kamal à l’élection présidentielle de 1974. Membre du MTA et d’Al Assifa, celui-ci transforma sa candidature pour « ceux qui n’ont pas le droit de vote » en performance de visibilité publique et collective.

The Public Storyteller (2024) revient aux origines de l’inspiration d’Al Assifa et d’Al Halaka : la tradition ancestrale du conteur public au Maroc et ses rituels. Pour cette œuvre, Bouchra Khalili invite un jeune conteur marrakchi, qui perpétue cette tradition, à réactiver le récit de la candidature de Djellali Kamal pour faire surgir le spectre qui hante toujours notre présent et nos possibles futurs communs.