Maxime Kurvers La naissance de la tragédie

[Théâtre]

Maxime Kurvers poursuit avec cette troisième pièce sa recherche sur les fondements de l’œuvre théâtrale. Dans un dispositif radical, où l’espace scénique ne renvoie qu’à sa fonction première, la parole et la présence de l’interprète fondent seules ce récit du genre tragique, épuré de toute référence au spectaculaire.

Maxime Kurvers propose un retour à la genèse de l’art théâtral pour mieux rendre compte des conditions minimales qui le rendent possible. Il s’agit ici de maintenir la pièce dans un en-deçà du spectaculaire, avant que les éléments scénographiques et dramaturgiques ne le soumettent à une logique des effets, qu’ils soient d’ordre narratif, esthétique ou émotionnel. La simplicité de la mise en scène organise la pièce autour d’une seule action résolument discursive : l’adresse directe d’un interprète à la communauté éphémère du public. Le récit de l’acteur suffit à constituer une mémoire incarnée de la littérature tragique et à organiser une histoire de l’art scénique occidental, pensée à partir des Perses d’Eschyle, première tragédie connue. L’interprète y incorpore autant la description prosaïque de sa première représentation, en 472 avant notre ère, que l’appréciation affective du dispositif théâtral, resté inchangé depuis sa création. Dans le sillage des « pièces parlées » de Peter Handke ou des « anti-films » de Guy Debord, en héritier des théories modernistes et de la danse conceptuelle, Maxime Kurvers pense ce début comme une fin en soi, affirmant que l’origine de la tragédie est à chercher ailleurs que dans l’illusion du spectacle.

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Durée estimée : 1h30