Katajjaq

[Musique]

Six femmes Inuit (terme autochtone pour désigner ceux que nous appelons ici "Esquimaux") du Nouveau-Québec présentent un genre particulier, à la fois ludique et musical le katajjaq (prononcer Katudjark), ou jeu de gorge.
Il s'agit bien d'un jeu, d'une activité dans laquelle la dimension "musicale" est certes importante, mais dont l'exécution fait parfois l'objet d'une compétition entre deux partenaires, généralement des femmes. Le matériau de base du katajjaq est simple : des mots courts et la plupart du temps sans signification sont répétés selon une structure rythmique élémentaire, mais avec un déphasage. La seconde personne reprend en canon le premier motif, mais l'une des deux peut décider de changer de motif sans crier gare... La pièce s'arrête quand l'un des exécutants est à bout de souffle, n'arrive plus à se maintenir en phase ou rit. Les katajjaq sont en général très brefs.
Le katajjaq, jeu musical ? Les Inuit n'ont pas de mot particulier dans leur langue pour désigner la musique, mais il est évident que la qualité sonore du jeu est fondamentale.
Il témoigne d'une connaissance étonnante des capacités humaines de production vocale. La grande variété de timbres, qui fait de ce genre quelque chose de fascinant, provient de l'exploitation de plusieurs possibilités respiratoires, de l'alternance de l'expiration et de l'inspiration ou de la variation de la couleur vocalique.
Ce jeu musical ne saurait être présenté sous la forme classique d'un concert. Chaque séance, dont la durée difficilement prévisible pourra varier de 30 à 40 minutes, consistera en une présentation de différents types de katajjaq avec des explications et des commentaires.