Elise Vigier / Marcial di Fonzo Bo Loretta Strong / Le Frigo

[Théâtre] Marcial Di Fonzo Bo entretient avec l’œuvre de Copi un rapport singulier. Au-delà de leur commune origine argentine, le metteur en scène aime à rappeler qu’il est arrivé à Paris en 1987, quatre jours seulement avant la mort de l’auteur et qu’il n’aura jamais pu faire sa connaissance que par son œuvre.
Une œuvre avec laquelle le Festival d’Automne a lui aussi noué une relation forte, Le Frigo ayant été créé dans ce cadre en 1983, alors interprété – ce sera son dernier rôle – par Copi lui même.
La trilogie de spectacles présentés, les deux « monologues » que sont Loretta Strong et Le Frigo et La Tour de la Défense, s’inscrivent dans un projet Copi dont le premier volet a été présenté au Festival d’Avignon et se poursuit à Paris cet automne où il peut être vu dans son intégralité.

En lever de rideau pour le Théâtre de la Ville : Les poulets n’ont pas de chaises, d’après les célèbres dessins de Copi de la Femme Assise, parus dans le Nouvel Observateur pendant les années 1960-1970. Les acteurs jouent avec les dessins projetés sur d’immenses pages blanches, accompagnés par des musiciens.
Loretta Strong est cosmonaute, depuis sa navette spatiale elle tente d’entrer en communication avec la terre. Par le biais de la parole, elle fait intervenir une foule d’autres personnages bien distincts : rats, cosmonautes, hommes-singes de l’étoile polaire, perroquets… Loretta Strong n’est pas un monologue au sens classique du terme, mais une pièce à plusieurs personnages avec un seul comédien.
« Lorsque Copi jouait ce texte cela pouvait durer dix minutes ou trois heures, en fonction de son état d’âme. »
Le Frigo fonctionne différemment. La pièce prend comme prétexte le transformisme de Frégoli, les comédiens interprètent dans un laps de temps très précis une dizaine de personnages qui s’entretiennent simultanément par le truchement des costumes. L., le personnage principal, à qui sa mère a offert un frigo, joue tous les personnages de sa vie, ceux qu’elle aime, ceux qu’elle déteste. L. change beaucoup de costumes. Les costumes valent la même chose que le texte disait Copi, « ils sont envoûtants et vous placent tout de suite le personnage. J’ai écrit Le Frigo en fonction du costume et dans l’écriture elle-même il y a déjà une mise en place qui est celle du changement de costumes ».