Boris Charmatz La Danseuse malade

[Danse]

« Hijikata : ici gît une cata.
HIJIKATA. Le Japon est très loin. Le Butô a l’air excessivement lointain, parfaitement inabordable, et japonais, exotique, étranger. Pourtant Tatsumi Hijikata l’inventait comme en réponse aux actes de Bataille, de Genet, d’Artaud ; et nous nous pourrions bien ramener ceux-ci chez nous, corps fantômes digérés dans le Butô, celui-ci à son tour digéré par l’histoire, les années, le travail que nous effectuons.
Jeanne Balibar et moi-même fabriquons un véhicule pour le corps et la pensée de Tatsumi Hijikata.
Nous sommes tentés par l’idée d’une sorte de monument pour l’artiste. Notre spectacle serait alors comme le réceptacle contemporain et éphémère d’un artiste qui a su penser les corps asthéniques, les corps creux, les odeurs du jeune et du vieux.
Et qui a su mettre toute sa danse dans des textes qui forment une masse opaque, puissante, libre, comme les écrits de Nijinski forment aussi à leur manière une masse opaque, puissante et libre.
Il y a une littérature qui est encore de la danse, et dans le cas de Hijikata, celle-ci n’est pas seulement méconnue, elle est inouïe, elle n’existait pas encore, il fallait voler les épreuves d’un traducteur, pour se rendre compte de son existence. Nous sommes soudain face à un trésor qui déchire les représentations. »
Boris Charmatz

Depuis son premier spectacle avec le Festival d’Automne et le Centre Pompidou, avec Aatt Enen Tiononn en 1996 jusqu’à  Quintette Cercle en 2006, Boris Charmatz n’a cessé de collaborer avec le Festival d’Automne. Il succède aujourd’hui à Catherine Diverrès à la direction du Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne.
Parallèlement aux représentations de La Danseuse malade, une soirée est consacrée par la Cinémathèque de la danse à Tatsumi Hijikata (1928-1986), créateur de la danse Butô.