Guy Cassiers Atropa / Triptyque du pouvoir

[Théâtre]

Le titre Atropa fait référence non seulement à la belladonne (Atropa Belladonna, ou « Wolfskers » en néerlandais), mais aussi et surtout à l’aînée des Parques, celle-là même à laquelle échoit la tâche de couper le fil de la vie. Guy Cassiers prolonge la veine hallucinatoire de Wolfskers en entremêlant les trames des différentes tragédies ayant pour cadre la guerre de Troie : à l’article de la mort, Agamemnon se retrouve face aux spectres des femmes – Clytemnestre, Iphigénie, Andromaque, Cassandre, Hécube… – dont il a causé le malheur.
Ce conflit matriciel permet au metteur en scène de dresser un état des lieux au vitriol du monde contemporain et de poursuivre sa réflexion sur un pouvoir dont il montre l’agonie et la ruine. Avec ce dernier acte d’un « Triptyque du pouvoir » faisant feu de tous les supports, il souligne puissamment la capacité du théâtre à réfléchir la « colère » – au sens où l’entend le philosophe Peter Sloterdijk – de notre temps.