Guy Cassiers Wolfskers

[Théâtre] Second volet du « Triptyque du pouvoir » de Guy Cassiers, Wolfskers prend appui sur trois scénarios du cinéaste russe Alexander Sokourov évoquant des épisodes de la vie de Lénine, Hitler et Hiro-Hito. Là où Mefisto For Ever privilégiait une approche dramatique en s’inspirant du roman de Klaus Mann, le propos de Wolfskers – mot désignant en néerlandais l’Atropa Belladonna, cette plante mortelle connue sous le nom de belladonne – serait plus « atmosphérique ». Guy Cassiers transpose sur scène le procédé cinématographique du split-screen pour faire sourdre une ambiance de plus en plus délétère, corrompue. Simultanément, on assiste à un épisode décisif de la vie de ces trois figures du pouvoir totalitaire. À Moscou, Obersalzberg et Tokyo se joue sous nos yeux un moment de flottement, instant précis entre apogée et déclin où la destinée titube. Examinant sans concession ces destinées trop humaines, Wolfskers est une plongée dans ces cerveaux gagnés par le doute, menacés par le court-circuit, dans la psyché de ces « grands hommes » qui prétendent incarner un peuple ou une idéologie. Une immersion, subtilement scénographiée et interprétée, en tout point hallucinatoire – l’atropine, substance active de la belladonne, n’a-t-elle pas pour effet de dilater la pupille ?