Robert Wilson L’Opéra de quat’sous

[Théâtre]

Le Festival d’Automne retrouve Robert Wilson, fidèle participant des premières heures. Aujourd’hui, il met en scène Bertolt Brecht, Kurt Weill, et le Berliner Ensemble : dans L’Opéra de quat’sous, guerre des gangs en toute complicité avec le chef de la police, manipulation des clochards, amours intéressées, trahisons… Une histoire encore et toujours dans l’air du temps.
A priori, la sophistication féérique du style wilsonien et le cynisme rageur de cet opéra voyou ne sont pas faits pour se rencontrer. Mais il s’agit là d’une œuvre devenue emblématique. Le modèle d’un théâtre musical où les chansons interviennent en rupture, comme adressées directement par les personnages aux spectateurs. Elle a fait le tour du monde, s’est adaptée à tous les langages, paroles et musiques. Une musique qui dépasse les temps et les frontières, inoubliables rengaines des errances et des rêves. Un théâtre de la « ruse brechtienne », qui refuse le premier degré, s’attache à des êtres humains fragiles, tout occupés à survivre, partagés entre leurs convictions et les nécessités du moment.
L’Opéra de quat’sous est créé à Berlin en 1928, époque socialement déchirée, d’une grande richesse artistique. Robert Wilson en retrouve les racines, réinterprète les masques et les ombres de l’expressionnisme, sa magie noire.
Et puis il y a le Berliner Ensemble, fondé en 1949 par Bertolt Brecht et Helene Weigel. Au fil des ans, du mur, de la réunification, des générations, il a gardé dans son répertoire cette œuvre mythique. Indispensable.