Maguy Marin Faces

[Colloques]

 

Maguy Marin, l’indomptable. En témoigne Faces, inspiré par la lecture de Propaganda d’Edward Bernays (1928) qui expose les principes de la manipulation de masse, cette fabrique du consentement, incarné par 28 interprètes du Ballet de l’Opéra de Lyon.
Exposés telle une foule, amas indiscernable de singularités où la ressemblance et le mimétisme l’emportent sur l’original. Poursuivant une veine engagée avec Turba ou Salves, le mouvement est suggéré par l’alternance de tableaux entrecoupés de noirs durant lesquels les danseurs changent de positions ou de costumes et se donnent à voir dans une immobilité que seule l’imagination charge de vie et de sens.
Sur une bande-son de Denis Mariotte qui mixe rumeurs du monde, voix et musiques, des groupes s’agrègent et se défont, autour d’accessoires de mode (lunettes, talons aiguilles), de consommation (sacs FNAC, canettes de Coca-Cola), religieux ou militaires dans un mélange d’époques qui synthétise la mondialisation d’une époque soudée par le chaos.