Jérôme Bel Jérôme bel

[Danse]

Avec Isadora Duncan, Jérôme Bel dressait pour la première fois le portrait dansé d’une chorégraphe, après s’être exclusivement concentré sur la vie des interprètes. Pour cette nouvelle création, qu’il qualifie d’« auto-bio-choréo-graphique », il se prête à son propre exercice et livre son récit personnel d’une vie de danse.

Là où le film Rétrospective (2019) opérait une coupe transversale dans l’œuvre de Jérôme Bel, cette création en reconstitue la logique linéaire, déclinée au gré d’un regard nécessairement subjectif. L’adresse performée du chorégraphe, seul en scène, répond à la diffusion d’archives filmées et réactive la mémoire de gestes, de partitions, de faits biographiques que le discours vient mettre en correspondance. Projet éponyme d’une pièce fondatrice de son répertoire, Jérôme Bel prend pourtant moins la forme d’un retour au point initial, ni même d’un bilan posé a posteriori, que celle d’une généalogie des éléments moteurs de son œuvre, là où le personnel se noue à l’artistique et au politique. Jérôme Bel se raconte en effet pour la première fois, partage ses doutes, ses engagements, ses échecs comme ses engouements. Alliant le faire récit au faire sens, la pièce articule ainsi des fragments de sa vie, de sa carrière et de son projet intellectuel pour en révéler les structures communes.