Simon Mc Burney Shun-kin

[Théâtre]

Deux ans après A Disappearing Number, Simon McBurney et sa compagnie Complicite sont à nouveau les hôtes du Festival d’Automne. Et six ans après The Elephant Vanishes, inspiré des nouvelles de Haruki Murakami (et présenté au Festival d’Automne en 2004), ils reviennent à la littérature japonaise, renouvelant également leur collaboration avec le Setagaya Public Theatre de Tokyo. Shun-kin repose sur deux textes du grand écrivain Jun’ichirô Tanizaki. La nouvelle qui donne son titre à la pièce est d’une ambiguïté aussi fascinante qu’inépuisable : elle conte l’histoire d’amour, où la passion se mêle au sadisme, entre un serviteur dévoué jusqu’au sacrifice et sa maîtresse, aveugle et virtuose du shamisen. Quant à l’Éloge de l’ombre, son titre pourrait servir de manifeste esthétique à ce spectacle d’une grande densité climatique. S’il prend ici le parti d’une relative simplicité de moyens, mettant de côté la virtuosité technologique qui a fait la singularité des pièces de sa compagnie, Simon McBurney n’abdique en rien cette rigueur et cette beauté formelles qui fondent son théâtre hautement synesthésique. Il entraîne ses comédiens, tous japonais (parmi lesquels l’actrice Eri Fukatsu), dans un jeu de masques et de clairs-obscurs qui sonde les tréfonds de l’âme humaine, rappelant combien la liberté de l’acteur a toujours été au cœur du théâtre tel que le conçoit Complicite.