École du soir, Forensic Architecture

Biosphère de la guerre et conditions de vie

Eyal Weizman et Ghassan Abu Sittah en conversation avec Michel Fehrer, Paul Preciado, Kali Rubaii, Sherene Seikali, et Lara Sheehi, modération par Rasha Salti

Conférences en anglais et français, traduites en français

Tarif unique 5 €

Entrée et sortie libre

MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis
MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis
9, boulevard Lénine
93000 Bobigny
01 41 60 72 72

Métro Ligne 5 Station Bobigny – Pablo Picasso puis 5 minutes à pied

Tramway T1 Station Hôtel-de-ville de Bobigny – Maison de la Culture

Bus 146, 148, 303, 615, 620 Station Bobigny - Pablo Picasso

Bus 134, 234, 251, 322, 301 Station Hôtel-de-ville

En Vélib’ Stations Bobigny – Pablo-Picasso et Jean-Jaurès – Place de la Libération

Itinéraire

Dimanche 29 novembre

14h - 19h

En partenariat avec la MC93—Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis et l'Espace Niemeyer

 

Avec le soutien de

Ramdane Touhami.

Peu après que le gouvernement sud-africain eut accusé le gouvernement israélien de commettre un génocide à Gaza (29 décembre 2023), l’équipe de Forensic Architecture a été mandaté pour rassembler des preuves à l’appui de cette requête. Cette mission a donné lieu à une étroite collaboration avec le docteur Ghassan Abu Sittah, un chirurgien plasticien anglo-palestinien possédant une vaste expérience dans les zones de conflit – en Irak, au Liban, en Syrie et au Yémen – et qui a souvent exercé à Gaza. Ghassan Abu Sittah est arrivé à Gaza le 8 octobre 2023 et a commencé à soigner les blessés dans plusieurs hôpitaux. Il s’est retrouvé sous les feux de l’actualité en tenant une conférence de presse, entouré d’autres médecins, après le bombardement de l’hôpital Al-Ahli Arab (également connu sous le nom d’hôpital baptiste) qui a causé la mort de près de 500 Palestiniens le 17 octobre 2023. Depuis qu’il a quitté Gaza, Ghassan Abu Sittah mène campagne pour mettre fin au génocide et mobilise le soutien en faveur des victimes à Gaza.

 

La collecte d’informations grâce à des liens étroits avec le théâtre des opérations, ainsi que la prise en charge des blessés, la compilation de preuves au cas par cas à partir d’un angle de vue rapproché, tout en adoptant une perspective plus large depuis une distance qui les éloigne du conflit, ont conduit Eyal Weizman et Ghassan Abu Sittah à synthétiser ce qu’on appelle communément la « vision d’ensemble », ou ce qu’ils désignent sous le terme de « Conditions d’existence » – qui est également le titre de cette rencontre.
En complement de cette perspective synthétique, et peut-être de manière encore plus essentielle, ces deux praticiens ont développé des thèses qui proposent une remise en question générative et critique des paradigmes normatifs ayant guidé la pratique architecturale et la pratique médicale sous l’égide du colonialisme de peuplement et de l’héritage de la résistance palestinienne.
 
Le titre de cette rencontre, Conditions d’existence, est emprunté à l’article II de la Convention sur le génocide, adoptée le 9 décembre 1948, qui affirme que le génocide ne se limite pas à des actes de massacre de masse, mais inclut « le fait d’imposer au groupe des conditions d’existence calculées pour entraîner sa destruction physique totale ou partielle ». Par conséquent, le génocide englobe les actions qui créent des conditions de vie destinées à détruire un groupe au fil du temps », telles que l’accès gravement entravé à la nourriture, aux soins médicaux et aux services essentiels. De même, la notion de « biosphère de guerre » de Ghassan Abu Sittah découle de la reconnaissance du fait que la durée et la brutalité des guerres, ainsi que les crimes qui y sont associés, ont un impact durable, bien après la cessation des hostilités, sur les interactions de tous les êtres vivants avec les ressources naturelles qui les font vivre. La bande de Gaza s’est transformée en une biosphère de guerre omniprésente, que l’intellectuel Achille Mbembe décrit le mieux comme un « monde de la mort ».
 
Le programme est conçu pour être dynamique et interactif ; il s’articule en trois mouvements, chacun conviant les invité·es à intervenir, et est ponctué de projections de courts-métrages. Il se terminera par une discussion générale entre les invités et le public.
Chacune des trois parties s’articule autour d’un thème :

La première partie explorera les notions générales des « conditions de vie » et de la « biosphère de la guerre », avec Michel Fehrer, Eyal Weizman et Ghassan Abu Sittah.

La deuxième explorera la notion de « médecine de la libération », développée par Ghassan Abu Sittah, avec Sherene Seikali et Lara Sheehi.

La troisième abordera l’humanitarisme et les voies de la réparation, avec Paul Preciado et Kali Rubaii.

Tout au long des discussions du programme, seront abordées les notions de biopolitique et de souveraineté de Michel Foucault, le postulat génératif d’Achille Mbembe sur la nécropolitique, les notions de Frantz Fanon sur la blessure en tant que pratique coloniale, l’humanitarisme libéral occidental à Gaza et les changements de paradigme en matière de réparation.

Programme complet de la journée

 

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