Forensic Architecture aborde l'architecture à la fois comme un domaine de connaissance et comme un mode d'interprétation, qui ne se préoccupe pas seulement des bâtiments, mais plutôt d’un ensemble en constante évolution de relations entre les personnes et les choses, médiatisées par des espaces et des structures à des échelles multiples : du corps humain au changement climatique induit par l’homme, de l’échelle d’un simple logement à celle de territoires plus vastes, jusqu’à l’échelle de la Terre en tant que demeure ultime — dont nous avons peu à peu pris conscience qu’elle est en train de devenir à la fois un chantier et une ruine. Les bâtiments ne sont ni des éléments passifs, ni des capteurs réceptifs qui enregistrent des événements, ni uniquement des scènes de crime ou d’actes de violence ; au contraire, les environnements bâtis sont des assemblages composites de structures, d’espaces, d’infrastructures, de services et de technologies capables d’agir et d’interagir avec leur environnement, de partager des événements et d’être façonnés par eux. Ils structurent et conditionnent l’action humaine, ils façonnent activement les incidents et les événements.