Dominique Brun Nijinska | Voilà la femme

[Danse]

En raison du confinement annoncé mercredi 28 octobre 2020 pour une période minimum de 4 semaines éventuellement reconductible, ce spectacle est actuellement maintenu mais la ventes de billets suspendue jusqu’à fin novembre 2020.
––––––

Dominique Brun rend hommage à Bronislava Nijinska, première et unique femme chorégraphe des Ballets russes, néanmoins laissée dans l’ombre. En complicité avec ses danseurs, s’appuyant sur une lecture éclairée des archives, elle reprend Les Noces et réinvente le Boléro pour mettre en lumière son héritage, au risque assumé de le fantasmer un peu.

Poursuivant ses recherches sur les figures saillantes de la modernité, en particulier Vaslav Nijinski, Dominique Brun s’intéresse ici à sa sœur, « la Nijinska », autre pilier des Ballets russes. Partant du déchiffrement fouillé de ses archives (dessins, notes, carnet, partitions…), elle remonte le fil d’une écriture qui s’est différenciée à travers les époques, soucieuse d’en faire revivre, en les confrontant, les mémoires sédimentées. De la réactivation de ces archives à leurs actualisations performatives, le programme rend hommage à une chorégraphe d’Avant-garde, influencée par le constructivisme et le modernisme de son frère, à travers la reprise de deux pièces iconiques. Les Noces, recréée avec la plupart de la distribution du Sacre #2, privilégie le mouvement de groupe et l’ancrage au sol, dans une chorégraphie aussi rituelle que terrienne, empruntant sa dynamique aux danses paysannes russes. La pièce est accompagnée d’un enregistrement instrumental et vocal de la première version de Ravel, écrite en 1919. Dans le Boléro, originellement chorégraphié par Nijinska, sur une musique de Ravel et à la demande d’Ida Rubinstein, une soliste s’offre en spectacle à un groupe de vingt hommes transis. Invité à interpréter la danse et à partager l’écriture, François Chaignaud en confronte la forme Invité à interpréter la danse et à partager l’écriture, à d’autres espagnolades, à la skirt dance ou au buto de Tatsumi Hijikata, au plus près d’une « révolte de la chair ». Vêtu d’une longue robe, le danseur y alterne tournoiement, staccato du pied, ralenti des bras et du torse, son corps entrant en résistance avec la martialité du rythme pour mieux déjouer l’autorité de la musique.